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Ces images ne seraient-elles finalement que de pures conceptions? S'agit-il de représentations déterminées par l'ère du temps, les sciences dominantes ou des paradigmes préconçus? Si "tout" est sujet à représentation, ce sujet de l'homme ne serait-il dès lors "qu'informe" en voie de "formation" temporaire dont l’impermanence de son état en constitue la définition? L'anthropologue s'attache alors à définir, identifier, construire et déconstruire ces innombrables représentations, systèmes symboliques et significations du champ humain. L'anthropologue serait alors un peu logicien, linguiste, psychanalyste, sémioticien... 

 

Ces quelques bribes iconographiques et non exhaustives n'appréhendent guère la complexité d'une anthropologie qui se décline par ses innombrables spécialités. L'anthropologue n'est pas un "touche à tout" mais il esquisse, à partir de ses connaissances et compétences centrales, les contours et les articulations d'une lecture plus large de l'être humain. Il construit son savoir selon l'essence même cette "Raison" définissant la méthode scientifique et philosophique. Ce qui lie ces différentes conceptions est "le faire science" de l'anthropologue: l'étude, l'introspection, l'observation, la description, l'objectivation, l'analyse, la vérification et l'écriture... mais surtout, la "Raison de l'autre". Ce qui les distinguent est la spécialité à partir ou vers laquelle l'anthropologie initie sa quête.

 

Dans cette section, vous trouverez quelques essais modestes de "préhension" de plusieurs objets d'étude qui, à y regarder avec la distance d'un amateur d'art, dessinent un tableau en mosaïque par la disparité et les contrastes des thématiques et disciplines abordées.

Quelles images peuvent-elles faire surgir à nos yeux un vague et impropre portrait du travail anthropologique et de la construction de son objet? Entre recherche intellectuelle et exploration des terrains conquis par l'homme? Il n'est pas rare de voir ce questionnement imagé surgir au cœur même des définitions arides du langage scientifique. 

 

Devons-nous y voir, de l'homme, son image structuro-mécaniciste? Conception selon laquelle il est conçu comme un "Tout" démontable en parties distinctes? Chaque parcelle des réalités qu'il recèle, ainsi démontée,  perderaient-elle dès lors un peu de son articulation aux autres? Et quelle serait sa plus fine et centrale parcelle? Quelle serait l'essence même de son être et sa manière d'apréhender ses réalités de vie? L'anthropologue définit, analyse, catégorise, "logifie", mathématise et tente d'articuler ces structures. Ne fait-il finalement face qu'à des logiques et des mécanismes qu'il cherche à reconstituer? 

 

Cette imagerie évoque à son tour son pendant naturaliste où l'homme est comme un "animal évolué". Il est tantôt déchiré entre les impératifs tyranniques de sa bio-génétique et les nécessités de sa vie sociale et culturelle, un être parlant clivé de "nature". Tantôt n'est-il simplement qu'une espèce parmi d'autres dont l'expression de son être et de son être-au-monde ne se réduit qu'à sa nature propre? Un être-animal déterminé et programmé par son évolution naturelle? L'anthropologue se voudrait-il alors chirurgien du corps et de l'esprit, disséquant le moindre organe pour en saisir l'anatomie et le fonctionnement, doublé d'un éthologue voué à l'étude de "sa niche écologique"?

 

La pensée post-moderne nous "raconte" que la réalité est telle comme l'on se la "raconte". L'homme serait-il avant tout "un être narratif"? Serait-il réductible à la manière dont il se parle et il s'écrit? Ne serait-il que le "reste" représenté, selon une époque et selon une culture? Il est bien difficile de cerner notre réalité et celle qui nous entoure.